Profits pour les groupes agro-exportateurs, l’exploitation pour les travailleurs et la destruction pour l’environnement
Les travailleurs agricoles, les petits paysans, les pêcheurs et les bergers sont les producteurs directs de nourriture pour la population mondiale. Ils sont aussi les plus touchés par le système de l’agriculture d’exportation, commerciale et industrielle, à travers l’appropriation de la terre, de l’eau, des semences, des marchés, des ressources naturelles et financières par le grand capital, et la privatisation de la propriété collective.
C’est le même résultat qui émerge des politiques agricoles de l’État au Maroc, incarnées par le Plan Maroc Vert 2008-2018, où une minorité de grands capitalistes exportateurs, locaux et étrangers, bénéficient de subventions publiques, élargissent leurs exploitations et augmentent leur richesse. En revanche, les petits agriculteurs perdent leurs terres et leurs ressources et leurs revenus diminuent.
L’État a dressé un bilan officiel des dix années du Plan Maroc Vert pour souligner la réalisation de son principal objectif, à savoir l’augmentation des investissements et des exportations par le biais du premier pilier du plan, à savoir les grands regroupements agricoles (Agrégation) liés à l’exportation. Ce résultat n’inclut pas les coûts financiers, sociaux et environnementaux, ni les conséquences d’une dépendance alimentaire accrue qui en ont résulté.
La région du Souss, dans le sud du Maroc, en tant que pôle des exportations agricoles capitalistes du Maroc, révèle que ce sont les grands investisseurs agricoles qui ont bénéficié du « Plan Maroc Vert » et ont réalisé des profits excédentaires à la sueur des travailleurs, en particulier des ouvrières agricoles, qui travaillent dans des conditions d’oppression extrêmement dures et avec des salaires de misère. A cela s’ajoutent l’épuisement et la pollution des nappes phréatiques par l’utilisation intensive d’engrais chimiques, la destruction des sols par la monoculture et les pesticides, et le rejet incontrôlé de déchets toxiques qui détruisent l’environnement de la région.
Cette étude s’inscrit dans le cadre d’une collaboration entre ATTAC Maroc et la section régionale de Chtouka Ait Baha du Syndicat démocratique de l’agriculture, qui appartient à la Fédération des syndicats démocratiques, dans le projet « Construire des alternatives pour transformer le système alimentaire : Éducation politique et sensibilisation du public à la souveraineté alimentaire ».
Informations générales sur le secteur agricole au Maroc
- Contribution au PIB : 14 % en moyenne ces dernières années.
- Terres arables : 8,7 millions d’hectares (12 % de la superficie totale du pays).
- Superficie cultivée irriguée : 1,6 million d’hectares (18 % des terres arables).
- Population rurale : 36 % de la population totale du Maroc (en 2020).
- Travailleurs agricoles et ouvriers : 1 million.
- Paysans : 1,5 million (recensement agricole de 1996).
- Concentration des terres agricoles : Moins de 1 % des agriculteurs occupent plus de 15 % de la surface agricole totale.
Vous pouvez accéder à l’étude en arabe en consultant le lien suivant : Lien

